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Deux habitations collectives Bel-Air

Candidat

Ouvrage

Deux habitations collectives Bel-Air

  • Programme: Habitation
  • Processus: Mandat direct
  • Début des travaux: 10/2019
  • Fin des travaux: 7/2021
  • Adresse: Chemin de Bel-Air 3A + 5A
  • Canton: Fribourg
  • District: Villars-sur-Glâne (Fribourg)

Fiche Technique

Maître d’ouvrage(s): Nom : PRIVÉ Localité : Villars-sur-Glâne
Architecte(s): Nom : DESCHENAUX ARCHITECTES Localité : Fribourg
Ingénieurs(s): Nom : VBI Fribourg Sàrl spécialité : Ingénieur civil Localité : Marly
Autre(s): Rôle : ingénieur géologue Nom : Müller & Perrottet SA Localité : Charmey

Description

Le projet se situe à Villars-sur-Glâne, en périphérie de Fribourg. Le quartier, calme, fait face à la campagne. Derrière la route, le champ est encore cultivé, et les arbres encore habités d’oiseaux, rythmant les journées et les saisons. Les terrains, proches du centre de Fribourg, jouissent d’une double proximité, entre ville et nature. Cette belle situation va stimuler l’ambition du projet : réaliser des habitations collectives en location, nobles et riches dans leurs espaces et leurs matériaux, tout en maîtrisant le budget. La qualité architecturale ne saurait être réservée aux propriétaires de leur lieu de vie.

Les bâtiments sont implantés dans la longueur selon l’axe nord-sud pour optimiser au maximum les parcelles. Cette contrainte va gouverner tout le projet : le concept structurel comme la typologie des appartements, jusqu’aux dimensions des lucarnes en toiture. A chaque étage, deux appartements symétriques se déroulent sur toute la longueur. Dès l’entrée dans les appartements, on voit filer un long mur-voile central contre lequel tous les espaces sont adossés. En longeant cette véritable colonne vertébrale, on découvre les espaces qui s’enchaînent les uns aux autres, chacun avec son apport de lumière, sa privacité, son usage propre. Au sud, la séquence aboutit à l’espace de vie principal : la cuisine, baignée de lumière, et la loggia qui donne sur les arbres et la prairie voisine. Au delà de son importance dans la typologie des espaces, le mur central joue un rôle structurel majeur pour le projet. En effet, il suspend la dalle du parking au rez-de-chaussée afin de libérer l’espace de tout porteur intermédiaire, lui permettant d’accueillir les places nécessaires.

La construction du bâtiment se nourrit d’un double héritage, passé et présent. L’expression est littéralement contemporaine, mais dans le respect d’une composition verticale traditionnelle. On retrouve un socle massif comme fondement, un corps intermédiaire avec deux étages habités, et un couronnement avec l’étage des combles et sa toiture travaillée. La volonté d’inscrire le projet dans une tradition constructive se révèle aussi dans les détails de mise en oeuvre. Les angles du bâtiment sont travaillés à la manière d’une pierre d’angle façonnée. De même, les feuillures des encadrements de fenêtres font appel aux moulures, caractéristiques des bâtiments en pierre de taille.

Cette esthétique s’accompagne d’une éthique de l’habitat, pour laquelle tout lieu de vie, même neuf, doit accueillir l’habitant avec charme et noblesse. Cela se traduit par des matériaux vivants, qui assument leur altération naturelle au fil du temps. La finesse de l’inox et le naturel du chêne, avec ses hautes menuiseries, renvoient à une certaine noblesse. Mais c’est plus encore à l’étage des combles que la noblesse trouve un accomplissement. Les espaces prennent de la hauteur, et les éléments de la grandeur. Les portes et les fenêtres, les meubles et les faïences, tout participe à offrir, plus encore pour ce bel-étage, une générosité pour l’habitant.

La matérialité du projet exploite la richesse d’une ambiguïté, entre la présence forte de la matière dans son contexte, et la présence du contexte dans la matière. D’une part, l’architecture assume sa présence, et le béton renvoie d’abord à la massivité d’un bloc minéral, lourd et sculpté. D’autre part, les grandes ouvertures allègent considérablement cette coque, et nous parlent du contexte. Le grand vitrage texturé laisse pénétrer l’environnement à l’intérieur de la cage d’escalier et l'espaces est baigné de l’ambiance végétale des arbres environnants. Les autres ouvertures dans le béton, faites de vitrages ou d’inox, reflètent le contexte, ses variations d’ombres et de lumières, tout comme la toiture avec le ciel.

La matière exprime une seconde ambiguïté, à travers l’usage du béton à l’intérieur et à l’extérieur. En entrant dans le bâtiment, la façade d’apparence froide entre avec nous dans l’enveloppe chaude. Le béton façonne le hall d’entrée, habillé de portes en chêne huilé, du haut vitrage texturé, et d’un tapis en fibres naturelles. L’intimité ainsi créée invite à laisser là ses chaussures, dès les premiers pas dans cette grande maison.

Plan de situation
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